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Oedipe Roi (Sophocle) |
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06/11/06 - mise a jour le 06/11/06 (1301 lectures de rapport) |
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Avantages: connaissance de la mythologie grecque
Inconvénient: ne pas se perdre dans la généalogie divine
Tragédie antique s'inscrivant dans le Cycle thébain, la geste d'Oedipe a été écrite par Sophocle aux alentours de 430 avant notre ère. Cette épopée se compose de 3 pièces qui ont été jouées devant le public thébain dans le cadre des concours littéraires qui se tenaient en Grèce antique depuis le début du Vè siècle avant notre ère :
- Oedipe roi
- Oedipe à Colone
- Antigone
Comme il est courant dans les tragédies grecques, phénomène que repris 22 siècles plus tard Wagner dans sa tétralogie "L'or du Rhin", la dernière pièce Antigone a été écrite en premier en 440 environ avant notre ère et Oedipe à Colonne est la dernière pièce qu'écrivit Sophocle, elle fut du reste jouée par son petit-fils à titre posthume.
Le Cycle thébain prend place aux temps de la Grèce archaïque (pour la différencier de la Grèce antique) au 7è siècle avant notre ère, dont Homère est contemporain. On pense qu'une des tétralogies est son oeuvre sans certitude : La Thébaïde.
Vous l'avez compris, le Cycle thébain raconte la fondation de la ville de Thèbes, à laquelle est mêlée la volonté divine et c'est tout le panthéon des divinités de l'Olympe qui y est mis en scène. Ces pièces étaient écrites en vers et lues à un public restreint au cours de soirées, puis l'aède se déplaçait de ville en ville, le plus souvent invité par les nobles afin de les distraire il composait ces pièces tragiques de nature à louer les valeurs d'un héros tombé au champ d'honneur ou simplement expliquer pourquoi les choses étaient telles qu'elles étaient puisqu'elles étaient d'essence divine ou voulues par les Dieux.
Pour mieux comprendre Oedipe, il est préférable de connaître un peu de la mythologie grecque, ne serait-ce que pour comprendre l'interférence des faits avec les personnages.
Thèbes est une ville de Béotie, région de Grèce bordée par le Mont Parnasse et le golfe de Corinthe, voisine d'Athènes dont elle n'est pas pour autant la rivale. Thèbes est fondée par Cadmos le roi de Tyr (Phénicie, actuel Liban), fils d'Agenor roi de Sidon (Phénicie, actuel Liban). Cherchant sa soeur Europe transformée en génisse par une Hera courroucée de l'infidélité de son royal et divin époux, Zeus, Cadmos obéit aux ordres de la Pythie et dès que sa soeur génisse s'arrête enfin de galoper dans la prairie, il fonde à cet endroit une cité : Thèbes dont il devient le roi. Cadmos reçoit en épousailles la fille d'Aphrodite, Harmonie. Il leur nait plusieurs enfants voués au malheur, dont Polydore qui devint roi de Thèbes à son tour, lequel eut Labdacos père de Laïos. Et c'est avec Laïos que le Cycle thébain peut continuer au travers da la tragédie d'Oedipe.
Laïos aurait dû régner à la mort de Labdacos mais il est trop jeune et c'est son oncle Lycos qui devient régent. A sa majorité il n'obtient pas pour autant le pouvoir, chassé il trouve refuge chez Pelops, roi de Mycènes dont toutefois il abuse en séduisant son fils qui se donne la mort de honte. Pelops appelle sur Laïos la malédiction des Dieux. La tragédie prend place à cet instant.
Labdacos avait épousé Nictéis, dont la soeur Antyope fut séduite par Zeus. Elle en eut 2 jumeaux, Amphion et Zéthos que par crainte d'être dépossédé du trône de Thèbes, Lycos fit exposer sur la montagne. Un vacher en eut pitié qui les éleva. Antyope maltraité par Lycos réussit à se sauver et trouva refuge près de ses fils devenus adultes, qui la vengèrent et occirent Lycos, ce qui permit à Laïos de récupérer le trône de Thèbes à la mort d'Amphion.
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Oedipe roi :
Vingt ans se sont écoulés depuis la mort de Labdacos, Laïos est enfin roi de Thèbes, il a épousé Jocaste. Un oracle de Delphes envoyé par Apollon pour venger la mort de Chrysippe fils de Pelops, lui prédit que son fils le tuera et épousera sa mère. Décidant de ne pas prendre de risque, Laïos s'éloigne dans un premier temps de Jocaste, mais un fils finit par leur naître qu'il fait exposer immédiatement sur le mont Cythéron les pieds liés et transpercés. Un berger recueille le bébé et le porte au roi de Corinthe, Polybe et à son épouse qui ne pouvait pas avoir d'enfant. Ils le nomment Oedipe à cause de ses pieds estropiés (pous : pied - oideo : gonflés).
Oedipe finit par apprendre qu'il n'est pas le fils de Polybe et commence sa quête à Delphes pour savoir qui sont ses géniteurs. L'oracle de Delphes lui prophétise qu'il tuera son père et épousera sa mère. Oedipe, effaré, décide de ne pas revenir à Corinthe et la machination divine peut se dérouler. Sur la route il rencontre l'escorte d'un vieil homme qui lui refuse le passage, il tue le vieillard sans savoir qu'il vient de tuer son père, le roi Laïos. Continuant son chemin, on lui apprend qu'un monstre ailé terrorise la région en semant la ruine dans les récoltes mais que pour s'en débarrasser il faut résoudre l'énigme du Sphinx. Thèbes n'a plus de roi puisque Laïos a été assassiné, c'est Créon, frère de Jocaste, qui assure la régence. Il promet la main de sa soeur Jocaste à qui débarrassera la région du Sphinx. Oedipe résoud l'énigme, épouse sans savoir qu'elle est sa mère, Jocaste la veuve de Laïos, dont il a 4 enfants.
La peste ravage la cité de Thèbes. L'oracle de Delphes consulté apprend à Oedipe que le fléau est la réponse à la présence du meurtrier du roi Laïos dans la ville. Les témoins sont invités à se manifester afin que la lumière soit faite sur le déroulement du meurtre. Tyrésias le devin aveugle témoigne le premier mais nul ne le croit. Jocaste ensuite décrit la scène du meurtre. Oedipe est troublé par ses souvenirs, il lui semble que cette description correspond à la rencontre qu'il fit du vieillard sur la route de Thèbes.
A ce moment, un messager arrive de Corinthe pour annoncer à Oedipe qu'il a été choisi comme roi de Corinthe pour succéder à Polybe. Mais les Dieux tiennent bien en mains les fils de la machination qu'ils ont tramé contre Laïos dont Oedipe est la victime. Oedipe ne veut pas retourner à Corinthe car il craint d'y épouser sa véritable mère, bien qu'on lui ait dit que Mérope l'épouse de Polybe ne pouvait pas être sa mère il continue de douter et s'abtient restant ainsi à Thèbes pour y subir le jugement des Dieux et des hommes.
Jocaste devine qui est Oedipe, mais on envoie chercher le dernier témoin de l'escorte du roi Laïos, le même berger qui avait été chargé d'exposer Oedipe sur le mont Cythéron. Oedipe comprend enfin que son sort était joué au moment où il a quitté Corinthe. Cherchant Jocaste il la découvre, elle s'est donnée la mort. Lui-même dans le dégoût qu'il a de lui, se crève les yeux et demande qu'on le chasse de la ville. Il quitte Thèbes soutenu par sa fille Antigone, tandis que ses deux fils connaitront une fin tragique. Mais ceci fait partie de la seconde et troisième tragédie, Oedipe à Colonne et Antigone.
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La tragédie de Sophocle a été écrite en Ionien mais vous la trouverez en Français dans toutes les bonnes librairies. C'est un monument en ce qu'il met en scène les croyances des Grecs au 5è siècle avant notre ère et le respect profond qu'ils avaient pour les prédictions et pour les destinées que leur vouaient les Dieux sur lesquelles quoi qu'ils fassent ils n'avaient aucune emprise. Une espèce de fatalisme les conduisait à vouloir se les expliquer ou se les faire expliquer afin de mieux accepter leur sort. A la différence de la Thébaïde attribuée à Homère en raison de l'écriture datée du Grec archaïque, la tétralogie d'Oedipe montre une logique, même si les pièces n'ont pas été écrites dans l'ordre chronologique des évènements, qui diffère totalement de la méthode de la Thébaïde en effet composée en vers écrits au fur et à mesure de la demande. La geste d'Oedipe tient à montrer en définitive que ce qui prime c'est le respect de l'ordre moral édicté par les Dieux, ne laissant aucune place à interprétation ou au pardon, les châtiments étant en proportion des crimes commis, impardonnables, même s'ils ont été initiés par les Dieux eux-mêmes et que l'homme n'a aucune chance de pouvoir échapper au destin que l'Olympe a tracé pour eux. Toute notion de prédestination n'est donc pas fortuite et la geste d'Oedipe à cet égard en est l'illustration la plus éclatante.
Bilan: Le mythe est connu, lire l'ouvrage n'est pas un luxe.
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